Louis Geneste Paris - Espace Sculpture

Restauration MH


Eglise de Borest, Oise

Restauration des éléments sculptés du portail : nettoyage par microgommage et compresse, consolidation, sculpture d'un chapiteau.

Architecte : Florent Basset, agence SOCREA

Octobre 2013.

 

Église Saint-Martin, rue de l'Église (inscrite monument historique par arrêté du 5 avril 193012) : L'église est remarquablement situé au sommet d'une butte, et sa silhouette s'apprécie particulièrement depuis la vallée, de la route venant de Fontaine-Chaalis. C'est un édifice assez composite issu de quatre campagnes de construction différentes, composée d'une nef de trois travées accompagnée d'un unique bas-côté au nord ; d'un chœur de deux travées au chevet plat ; de deux croisillons assez bas formant chapelle, au nord et au sud de la première travée du chœur ; d'un clocher en bâtière se dressant au-dessus du croisillon sud ; ainsi que d'une chapelle à l'angle du clocher et de la nef. Cette dernière représente la partie la plus ancienne de l'église et remonte à la seconde moitié du xiie siècle, mais elle n'a été voûtée qu'au xvie siècle, à l'occasion de l'ajout du bas-côté. L'élément le plus remarquable de la nef est le portail occidental, inséré dans un massif de maçonnerie faisant saillie devant la façade. L'archivolte torique en tiers-point est surmontée d'une frise de feuilles d'acanthe, et repose sur les chapiteaux de deux colonnettes doubles, disposition assez rare. Le tympan au-dessus de la porte en anse de panier arbore une petite pietà en haut-relief, avec un Christ assis par terre, que la Vierge soutient derrière le dos, semblant le réconforter. Une rosace à huit lobes s'ouvre dans le mur au-dessus du portail. L'étage de beffroi du clocher est directement bâti sur le croisillon sud, et le clocher n'atteint ainsi qu'une faible hauteur. Curieusement, son toit est perpendiculaire à l'axe de l'église. Avec des contreforts assez minces et peu saillants, et deux grandes ouvertures abat-son en tiers-point par face, encadrées par des colonnettes à chapiteaux et s'inscrivant elles-même dans des archivoltes reposant sur des colonnettes à chapiteaux, le clocher est d'une facture assez élégante. Le bouchage des baies au sud et à l'est nuit cependant à son esthétique. Le clocher, les croisillons et le chœur datent du premier quart du xiiie siècle. Ses murs gouttereaux se terminent par des frises en dents de scie, et les fenêtres sont des lancettes simples en arc brisé, sans remplage ni décoration. Sur le chevet, les trois baies forment un triplet qui s'inscrit dans un arc de décharge plein cintre. Curieusement, la toiture est plus basse au-dessus du chœur que sur la nef. Tout comme l'extérieur, l'intérieur du chœur est austère et paraît influencé par l'abbatiale de Chaalis toute proche, mais l'architecture est soignée et non dénuée d'élégance, comme le montre la finesse des colonnettes en délit sur lesquelles retombent les nervures des voûtes d'ogives. Les arcades s'ouvrant sur les croisillons sont simplement chanfreinées, et les nervures de leurs voûtes retombent sur des culots dans les quatre angles. Depuis la nef, un beau petit portail flamboyant s'ouvre vers la chapelle édifiée au xve siècle, et dont le toit en appentis s'appuie contre le clocher.


 


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